Après la guerre et la pauvreté, nous leur offrons un avenir

De nombreux chrétiens vivent dans la peur et le désespoir. Nous offrons une solution pour sortir de la misère à 52 enfants d’un camp de déplacés. Grâce à l’aide de Kakreh Moo, partenaire local de CSI, ils peuvent obtenir un diplôme de fin d’études en Thaïlande. Anuchit et Sumalee ont eu cette chance.

Des Karen dans le camp de déplacés. csi

Plus de 1,5 million d’habitants sont en fuite au Myanmar (Birmanie). Des milliers d’entre eux vivent dans des camps de déplacés internes, à proximité de la frontière thaïlandaise. Ils vivent dans la pauvreté et sous la menace permanente d’être attaqués par l’armée du Myanmar elle-même. Ils doivent régulièrement fuir les attaques aériennes et se réfugier dans la jungle, où ils passent parfois des nuits entières.

Là-bas, la détresse est terrible. Il y a d’abord la pénurie alimentaire, mais aussi la maladie, souvent due aux conditions insalubres dans lesquelles vivent les déplacés. Le cursus scolaire des enfants est également très problématique, car les salles de classe ne disposent presque d’aucun équipement et lors des attaques fréquentes, elles ne peuvent pas être utilisées pendant plusieurs jours. Par ailleurs, les enseignants ne gagnent pratiquement rien. Kakreh Moo *, partenaire de CSI, se rend régulièrement dans l’un de ces camps où vivent plus de 600 chrétiens karen. Elle leur apporte de la nourriture et des biens de première nécessité.

L’avenir de la jeune génération lui tient particulièrement à cœur. Avec l’accord des parents et en collaboration avec la direction du camp, Kakreh a emmené cinquante-deux enfants en Thaïlande voisine au cours des quatre dernières années, dont trente-trois vivent dans l’internat d’une école primaire dans un village reculé près de la frontière. Faire la cuisine, ramasser du bois de chauffage, faire la lessive et le ménage font partie des tâches des enfants.

Ils se préparent en outre à l’école secondaire ou à une formation professionnelle dans le district de Mae Sariang. « En terminant leur scolarité, ils ont la perspective d’obtenir la nationalité thaïlandaise. C’est la seule façon de leur offrir un avenir », explique Kakreh Moo.

Les dix-neuf autres élèves suivent la même voie, mais ils sont hébergés dans des familles d’accueil. « En contrepartie, ils participent aux tâches ménagères », explique Kakreh Moo, qui prend en charge les frais de scolarité et la nourriture des dix-neuf jeunes pour le compte de CSI. Pour gagner un peu d’argent de poche, ceux-ci travaillent dans des fermes, des magasins ou même des restaurants.

Tous parlent de retourner au Myanmar après leur formation et l’obtention de leur passeport thaïlandais.

Surmonter le mal du pays

Anuchit (23 ans) avait 14 ans lorsque d’autres enfants du camp au Myanmar lui ont parlé d’une école en Thaïlande. « Moi-même, je ne voulais pas y aller », avoue-t-il, mais ses parents qui voulaient lui offrir un meilleur avenir l’ont encouragé et il a fini par accepter. C’est donc le cœur lourd qu’Anuchit a quitté ses parents et ses quatre frères et sœurs. « En même temps, je savais que c’était ma seule chance de quitter le camp et de pouvoir un jour soutenir ma famille. »

Le passage de l’école primaire à l’école secondaire à Mae Sariang a été un défi pour Anuchit. « Certains élèves thaïlandais et même des enseignants me harcelaient et me traitaient d’étranger », raconte-t-il tristement. Mais il ne perd pas de vue l’objectif de terminer sa scolarité et il est reconnaissant des amitiés qu’il a nouées avec d’autres.

Anuchit est maintenant en troisième année d’apprentissage de mécanicien automobile. La prochaine étape est de suivre une formation et de demander ensuite la nationalité thaïlandaise. Son objectif est de gérer sa propre entreprise et de soutenir sa famille dans le camp de déplacés.

Le jeune homme a été très heureux de la visite des responsables de CSI-Suisse : « Merci beaucoup de nous soutenir et d’avoir pris le temps d’écouter nos histoires et nos souffrances. »

Une chance saisie

Parmi ses huit frères et sœurs, Sumalee (22 ans) est la seule à avoir eu la possibilité d’aller à l’école en dehors du camp de déplacés au Myanmar. Elle était âgée de 7 ans quand elle est partie s’installer seule dans l’internat thaïlandais. Bien sûr, la séparation d’avec sa famille a été déchirante, mais elle voulait saisir sa chance.

Dans le petit village où se trouve l’école, les habitants sont plutôt bienveillants avec les enfants réfugiés. De même, elle a apprécié les amitiés avec les autres élèves.

Mais quand Sumalee est entrée à l’école secondaire de la petite ville de Mai Haw, à 12 ans, elle a aussi été discriminée par des étudiants et des enseignants thaïlandais. Cela était particulièrement dur pour elle, car elle ne connaissait personne et la partenaire CSI, Kakreh Moo, se trouvait presque toujours à Mae Sariang, à une centaine de kilomètres de là. « Mais j’ai appris à me défendre et j’ai pu nouer de nouvelles amitiés », ajoute-t-elle.

Sumalee étudie l’agriculture. Elle est heureuse d’avoir déjà pu acquérir beaucoup de nouvelles connaissances dans ce domaine. « Lorsque je rentrerai chez moi pendant les vacances, je montrerai à ma famille dans le camp de déplacés comment protéger les plants de riz contre les ravageurs », se réjouit-elle.

La jeune chrétienne apprécie la vie en sécurité qu’elle mène en Thaïlande. En août 2023, son frère a été blessé lors d’un bombardement au Myanmar. Il est toujours handicapé physiquement. Comme il n’y a ni hôpital ni médecin dans le camp, il est soigné avec des médicaments simples et des herbes.

Reto Baliarda

* Nom modifié

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