Ils luttent pour le respect dû aux morts

Un couple de pasteurs a dû se battre pour obtenir un emplacement où enterrer leur fils. Peu après, la pierre tombale a été saccagée. Matthew et son épouse demandent que justice soit faite. Ils ont le soutien des partenaires de CSI.

04_Pastorenehepaar-Sohn-e1700506063472

Le sud-ouest du Sri Lanka est particulièrement humide et la nature y est luxuriante. On rencontre ici des plantes sauvages qui sont chez nous des ornements de salon.

Notre équipe est composée de la responsable CSI pour le Sri Lanka, d’une avocate et d’un représentant de l’organisation partenaire de CSI. Il pleut, lorsque nous partons de Colombo pour nous rendre à Puttalam, une ville située à deux heures de route en direction du nord. Nous allons rendre visite au pasteur Matthew et à sa femme Sujeewa Rose Damayanthy. Ils sont responsables d’une Église qui compte septante fidèles.

Un jour d’été fatal

En été 2023, leur vie a été bouleversée : leur fils de 19 ans est mort dans un accident de moto qui impliquait également son frère aîné (22 ans). Le défunt était un homme joyeux, avec des talents de musicien. Il était intéressé par la théologie et largement engagé dans l’Église. Quelle douleur pour ceux qui restent !

Aucune place au cimetière

Face à l’horreur de cette situation, on peine à comprendre l’attitude des responsables du village bouddhistes : ils font tout pour empêcher un enterrement digne et refusent d’accorder une concession au cimetière sous un prétexte fallacieux. Mais lorsqu’ils voient défiler une foule immense venue présenter ses condoléances à la famille, ils finissent par céder, autorisant même la pose d’une pierre tombale.

Un verset biblique qui fâche

Le pasteur Matthew a toutefois été prié de ne pas apposer de symbole chrétien sur le monument funéraire et il a renoncé au signe de la croix. S’inspirant des pierres tombales bouddhistes, qui contiennent des paroles de sagesse religieuse, il s’est donc contenté de faire inscrire un verset de la Bible : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14 : 6)

La pierre tombale profanée

Deux semaines plus tard, le pasteur Matthew a été sévèrement réprimandé et a reçu l’ordre de retirer immédiatement le verset biblique, car il pourrait provoquer des « troubles sociaux ». On l’a même menacé de ne plus être autorisé à pénétrer dans le cimetière.

Le pasteur a refusé cet odieux chantage et il s’est adressé aux partenaires de CSI pour leur demander une assistance juridique. Mais deux jours plus tard, fin août 2023, des inconnus ont saccagé la pierre tombale de son fils pendant la nuit.

Tandis qu’il nous raconte ces évènements, sa femme pleure. Elle est assise devant un grand poster représentant les membres de la famille : au milieu, le fils décédé, le visage rayonnant. Quelques villageois reprochent au pasteur Matthew de « convertir de force » les bouddhistes. C’est absurde ! Il est connu pour être une personne paisible qui agit de manière réfléchie. Bien sûr, il prêche l’Évangile, mais de manière générale, lui et les membres de son Église font beaucoup de bien à leurs voisins. Cette histoire douloureuse du cimetière n’en est que plus injuste.

Un combat pour les chrétiens

Actuellement, une plainte contre X a été déposée pour vandalisme et destruction. Le pasteur et son épouse prient avec ferveur pour qu’ils soient autorisés à entrer dans le cimetière et à remettre en état la pierre tombale.

Le fait de savoir que de nombreux chrétiens sont harcelés de la même manière au Sri Lanka donne des forces supplémentaires au pasteur pour mener une bataille juridique qui pourrait avoir des conséquences bénéfiques pour de nombreuses autres personnes défavorisées auxquelles on refuse un enterrement digne. Il nous explique : « Je me bats pour notre droit parce que je veux obtenir une solution pour tous les chrétiens. Ils ne doivent pas avoir les mêmes problèmes que nous. » Le partenaire de CSI le soutient dans cette démarche.

Une souffrance incommensurable

En ce qui concerne sa douleur personnelle, le pasteur déclare d’une voix douce mais calme : « D’un point de vue humain, perdre un enfant est quelque chose de terrible. Mais nous savons où est notre fils maintenant. Par sa mort sur la croix, Jésus-Christ a payé l’immense prix de son rachat. Sa résurrection nous donne accès à Dieu et assure la vie éternelle à ceux qui le croient. »

Après avoir prié pour Sujeewa Rose Damayanthy, cette dernière essuie les larmes de ses yeux et nous confie : « J’ai demandé à Dieu : si tu nous prends déjà notre fils, fais maintenant grandir notre Église ! »

Rolf Höneisen

Commentaires

Nous serions heureux que vous nous fassiez part de vos commentaires et de vos ajouts. Tout commentaire hors sujet, abusif ou irrespectueux sera supprimé.

Votre commentaire a été envoyé.

Le commentaire a été envoyé. Après avoir été vérifié par l'administrateur, il sera publié ici.