Lors de sa libération, Abuk Kiir n’avait que son bébé. Elle ne savait pas où on avait déporté ses deux fils de 5 et 8 ans. Quelle immense joie lorsqu’une année plus tard, elle a découvert ses fils parmi 300 anciens esclaves ! Les deux garçons racontent.
Enfin réunis : Akor, Abuk Kiir avec Ajong, Garang (de gauche à droite). CSI
« Nous avons été emmenés au Nord par des milices arabes lorsque nous étions encore petits. Nous ne nous souvenons pas très bien de notre enlèvement, mais nous savons que notre maman Abuk Kiir avait été enlevée avec nous.
Une année avant notre libération, notre maître Abdelgasim nous a séparés de notre mère et de notre petit frère Ajong, âgé de quelques mois. Il craignait notre fuite si nous restions tous ensemble. C’est pourquoi il nous a envoyés dans un pâturage éloigné pour garder des chèvres. Notre mère a été gravement maltraitée par son maître. Il la battait et l’a marquée au fer rouge au visage !
La mère libre – ses garçons encore asservis
En mars 2009, notre maman a été délivrée par un libérateur d’esclaves qui avait été envoyé par CSI. Elle ne voulait pas partir sans nous, mais elle ignorait où nous nous trouvions. C’est seulement lorsque le libérateur d’esclaves lui a promis de nous chercher activement qu’elle a fini par le suivre.
Une année plus tard, cet homme nous a trouvés et nous a ramenés à la maison. Notre maman nous a identifiés au milieu d’un groupe de plus de 300 autres personnes qui avaient été ramenées au Soudan du Sud par les libérateurs de CSI. Nous sommes très heureux d’être à nouveau ensemble ! Notre maman se jette au cou de ses amis de CSI chaque fois qu’elle les voit. »