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Maintenant encore, sept mois après l’attentat, on voit
partout dans l’église les traces du carnage qui a duré
plusieurs heures. Le sol de marbre est creusé de grands
trous près de l’autel, là où les kamikazes ont fait sauter
leurs gilets explosifs. Au-dessus, on voit des morceaux
de peau et des touffes de cheveux accrochés au crépi du
plafond. Les terroristes avaient lancé des grenades à main
dans la sacristie, dans laquelle les chrétiens terrorisés
s’étaient serrés les uns contre les autres. La pièce, qui
a pour toute fenêtre un abat-jour grillagé, est aspergée
de sang de haut en bas. On voit d’innombrables points dans
les parois, témoignant des salves de mitrailleuses. Une
porte de métal est criblée de projectiles, des parements
de marbre et du crépi sont détruits et gisent au sol. Les
soutanes ensanglantées de deux prêtres assassinés, Saad
Abdallah Tha’ir et Waseem Tabeeh, sont suspendues à une colonne. Ils sont enterrés dans le caveau sous l’église.
On peut lire « Dieu est amour » sur un drapeau irakien à
côté d’un vase avec des fleurs en plastique et leurs photos encadrées. En décembre 2009, Saad et Waseem avaient
participé avec des responsables d’Église et des victimes du
terrorisme à une conférence organisée par CSI à Bagdad. |
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