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Irak

Géographie

Superficie

438'317 km²
(France: 543'965 km²)

Habitants

23,8 mio.
2 fois moins qu’en France (59,2 mio.)

Densité de population

54 Habitants/km²
2 fois moins hab./km² qu’en France (109)

Produit national brut

3'868 EUR
8 fois inférieur à la France (29'549 EUR)

Appartenance religieuse

Chrétiens

  4%

Musulmans

95%

Autres

  1%

Droits humains

Liberté religieuse

Atteinte à la liberté religieuse grave


Entrave au culte, à la diaconie et à l’évangélisation

Irak 

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Une ville traumatisée


Dimanche 26 juin 2011

En mai 2011, notre collaborateur Gunnar Wiebalck s’est rendu dans l’église où 41 chrétiens ont été assassinés par des islamistes le 31 octobre 2010. Il a parlé avec les survivants de l’attentat et,dans la foulée, a rédigé ce rapport.

Nous avons visité l’église catholique syriaque « Sayidat al-Nejat » (Notre-Dame du Salut), dans le quartier de Karrada à Bagdad. Le 31 octobre 2010, les fidèles présents ont été la cible de l’attentat le plus sanglant jamais perpétré contre la minorité chrétienne d’Irak.

Gunnar Wiebalck devant le lieu commémoratif pour les victimes CSI  

Couvert de giclées de sang

Maintenant encore, sept mois après l’attentat, on voit
partout dans l’église les traces du carnage qui a duré
plusieurs heures. Le sol de marbre est creusé de grands
trous près de l’autel, là où les kamikazes ont fait sauter
leurs gilets explosifs. Au-dessus, on voit des morceaux
de peau et des touffes de cheveux accrochés au crépi du
plafond. Les terroristes avaient lancé des grenades à main
dans la sacristie, dans laquelle les chrétiens terrorisés
s’étaient serrés les uns contre les autres. La pièce, qui
a pour toute fenêtre un abat-jour grillagé, est aspergée
de sang de haut en bas. On voit d’innombrables points dans
les parois, témoignant des salves de mitrailleuses. Une
porte de métal est criblée de projectiles, des parements
de marbre et du crépi sont détruits et gisent au sol. Les
soutanes ensanglantées de deux prêtres assassinés, Saad
Abdallah Tha’ir
et Waseem Tabeeh, sont suspendues à une colonne. Ils sont enterrés dans le caveau sous l’église.
On peut lire « Dieu est amour » sur un drapeau irakien à
côté d’un vase avec des fleurs en plastique et leurs photos encadrées. En décembre 2009, Saad et Waseem avaient
participé avec des responsables d’Église et des victimes du
terrorisme à une conférence organisée par CSI à Bagdad.

« Ceux qui bougeaient, ont été abattus »

John Eibner, collaborateur de CSI, et moi-même avons mené des entretiens avec des survivants du massacre. « J’étais couchée par terre, au milieu des personnes mortes et vivantes, avec le visage baignant dans une mare de sang et de vomi qui s’étendait de plus en plus », nous raconte la médecin T. « Je faisais le mort, un homme m’a tiré les cheveux pour voir si je vivais encore… ceux qui bougeaient ont été abattus. »

H. nous relate la mort de son père dans une fusillade, alors que son frère et sa sœur enceinte sont restés allongés, grièvement blessés. Actuellement, ils suivent un traitement médical en Europe. H. ajoute qu’elle-même avait été blessée en 2004, lors d’un attentat contre la même église.

Deux balles dans la jambe d’un bébé

Une élève âgée de 16 ans, M., nous a montré des photos de son frère abattu. « Ils ont aussi tué son fils de 3 ans. Après l’assassinat de son père, le garçon leur avait crié que s’était assez, assez ! » Depuis l’attentat, M. et sa mère cachent leurs cheveux sous un fichu noir sans plis. Dans le quartier de Karrada, les femmes non voilées risquent leur vie. M. nous présente aussi une photo de sa nièce, un bébé avec un grand pansement au pied. « Elle a été touchée par deux balles dans la jambe. »

La veuve de O. a été transportée avec sa fille grièvement blessée dans un hôpital en Europe. Les parents de l’homme abattu racontent que deux de leurs fils ont déjà obtenu l’asile dans ce pays. En juin 2011, ils y reverront leurs enfants. Ils nous montrent les billets d’avion pour eux et leurs deux filles, quatre vols aller. Des chrétiens irakiens tournent encore le dos à leur patrie – probablement pour toujours.

Salutations d’une ville traumatisée.

Gunnar Wiebalck


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